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 Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro

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Wu Gao Sheng
MessageSujet: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Dim 1 Mai - 23:38



- Tend moi la main -
Satô Benjiro & Wu Gao Sheng
« Quel vilain petit canard. » « Elle l’a bien mérité après tout. » « Regardez là, regardez dans quel état elle se trouve. » « Son âme a été vendu au diable, bien fait. » « Quelle laideur. » « Ne l’approchez-pas ! » Arrêtez. « Vois ce qui t’arrives ! » « Tu l’as mérité, tu ne peux t’en plaindre. »S’il vous plait. « Comment te sens-tu ? Torturé n’est ce pas ? » « Souffre autant que j’ai souffert, pleure autant de larmes que j’ai versé, noies toi dans ce dégoût comme je l’ai fait. » Stop ! « Haha. »

Je ne parvenais plus à respirer calmement, cela devenait trop insupportable et je finis par sortir de ce cauchemar ignoble, par chance. Généralement je ne parvenais jamais à fermer complètement l’œil de la nuit, c’était étrange, je n’y comprenais plus rien, j’avais simplement conscience que quelque chose changé à l’intérieur de mon corps, quelque chose qui me torturait inlassablement,  qui grandissait, chaque jour, chaque soir, j’étais devenue esclave de cette soif qui brûlait intensément ma gorge réclamant douloureusement d’atténuer toutes peines. Ce soir, je ne pus contenir d’avantage torture, et fus dans l’obligeance de partir à la recherche d’une proie. Encore une fois. Combien d’innocents m’avaient supplié de les épargner alors que mes crocs s’enfonçaient doucement dans leur chair ? Je l’ignorai, je ne comptais plus, pourquoi remuer le couteau dans la plaie.

Étirant mon cou vers le plafond mes pupilles se dilatèrent tandis que les muscles de mes jambes se contractèrent douloureusement tout comme mon estomac qui criait famine. Les cheveux détachés, je les relevais en un chignon ne pouvant plus supporter la chaleur accablante qui habillait mon corps entier. Pas maintenant. Non, pas maintenant, pourquoi est ce que je ne parvenais pas à contrôler cette faim. Plus les jours s’écoulaient, plus il devenait difficile de contrôler la moindre de mes réactions. Pourquoi ? Comment ? J’étais perdue, je ressentais le besoin que l’on me vienne en aide.  

« Putain. » Seulement dix minutes s’étaient écoulées et je me surprenais à marcher pieds nus dans les sombres ruelles de Séoul. Vêtue d’une simple robe de chambre m’arrivant au dessus des genoux, je longeais doucement les murs peignés par l’obscurité sur lesquels je m’adossais. Rajustant une mèche qui venait faire ombre à ma vue, j’espérai pouvoir trouver quelconque personne égarée en cette heure si tardive. Par chance, une âme égarée se trouva sur mon chemin au bout d’une dizaine de mètres. Tentant de reprendre une respiration « normale » je me redressais sur mes deux jambes et arrangeais en vitesse ma chevelure ébène désordonnée.  

Je pressais le pas alors que cette personne semblait quant à elle n’en faire d’avantage, à croire qu’elle n’avait remarqué qu’on la suivait. Tant mieux. Attendant simplement le bon moment pour me jeter sur ma proie, je gardais tout de même une certaine distance entre nous. Ce fut seulement lorsqu’elle parvient à atteindre un coin plus reculé que j’accélérais le pas et l’attrapais de force par le bras, avant de la pousser rejoindre l’obscurité. Je bloquais l’individu de tout mon poids contre le mur fait de béton. Mes doigts parcoururent son buste avant de saisir son cou, tandis que l’autre main venait recouvrir sa bouche. « Laisse toi faire un moment, je te promet que tu n’auras pas le temps de ressentir quoi que ce soit. » Laissais-je échapper en vitesse près de son oreille. Je n’attendis d’avantage plus longtemps et me penchais au dessus de la jugulaire de ma victime, laissant entrevoir mes crocs qui ne pouvaient se contenir plus longtemps de s’enfoncer dans la chair du pauvre malheureux. Je ne pouvais à présent faire marche arrière, cela serait trop dangereux, je m’y étais engagée et de toute évidence, je n’en avais strictement l’envie.
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Satô Benjiro
MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Ven 6 Mai - 14:16



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Satô Benjiro & Wu Gao Sheng
La nuit avait perdu de son charme.
Benjiro rentrait tranquillement chez lui lorsque cette pensée s'était soudain imposée à son esprit. Il n'avait pas déménagé depuis des années, n'avait pas changé radicalement son rythme de vie depuis ce temps-là, n'avait rien fait qui puisse modifier sa perception de la réalité d'une façon ou d'une autre. Sa vie ressemblait à un long fleuve tranquille, avec ses péripéties prévisibles et ses instants de calme qu'il se gardait pour lui. Ce n'était pas lui qui avait changé. Simplement son cerveau qui venait de remarquer un détail qui, jusque là, n'avait pas été jugé digne de son attention.
Ce n'était pas le vent – si on pouvait qualifier ainsi le léger courant d'air qui s'engouffrait dans les rues pour s'imprégner des odeurs de la vie urbaine. Voilà bien des années que Benjiro s'était accoutumé aux senteurs de goudron et de sang fraîchement versé. Son odorat n'était sans doute plus aussi aiguisé qu'avant, avec toute cette pollution pour lui irriter le nez et les bronches. Il ne s'en était jamais plaint, tout cela lui paraissait un désagrément avec lequel il fallait faire avec. Cela ne sentait pas très bon, c'est tout.
Ce n'étaient pas non plus les lumières, celles que les réverbères et les néons en tout genre diffusaient pour rendre la nuit moins sombre. Benjiro se souvenait de la noirceur de la campagne la nuit tombée, une noirceur totale si les étoiles ou la lune ne venaient bercer la terre. Cette obscurité était presque absente de la ville, mais Benjiro avait largement eu le temps de s'y habituer. La nuit était déjà bien assez noire ici à son goût.
C'était le ciel. En levant les yeux, Benjiro se demanda depuis combien de temps il n'avait plus vu d'étoiles. L'épaisse couche de nuages, la lumière de la ville, tout cela empêchait son œil de percevoir les astres qui se cachaient tout là-haut. Et cette pensée, à présent qu'il y réfléchissait, était fort perturbante. Comme si on avait retiré quelque chose au ciel, qu'on avait dénaturé le monde en lui ôtant l'un de ses plus beaux spectacles. Benjiro s'était arrêté, les yeux cherchant ce qui était perdu. Qui était responsable de ce désastre ? Humains ou vampires ? Les deux peut-être ? Ce n'était pas si important que cela. Une fois que quelque chose avait disparu, il était souvent impossible de le retrouver, et Benjiro avait le sentiment que les étoiles seraient absentes tant que l'humanité et les vampires n'auraient pas disparu à leur tour de la surface de la Terre. Ce sacrifice ne valait pas la peine : les étoiles n'étaient plus aussi importantes, désormais.
Son ouïe l'avertit qu'il se passait quelque chose près de lui – il crut reconnaître le bruit d'un corps s'écrasant contre un mur. Benjiro ne pouvait pas oublier un son pareil, surtout lorsqu'il se souvenait que c'était son propre corps qui l'avait produit. Peut-être jugeait-il que cette période de sa vie n'était pas importante, qu'il était faible à l'époque et bien différent de ce qu'il était désormais, il ne pouvait empêcher cette réaction physique lorsqu'il entendait un bruit pareil. C'était une sorte de réflexe pavlovien, qu'il essaierait peut-être de perdre un jour. En attendant de prendre cette décision, Benjiro se tourna vers la source de ce bruit, et ne fut pas étonné de voir un humain en proie à un vampire à la longue chevelure, qui s'apprêtait manifestemment à lui sucer tout son sang... Rien de bien original, il pouvait passer son chemin.
Ses pas l'amenèrent auprès de la vampire, presque sans s'en rendre compte. Ce n'était pas vraiment pour l'humain que Benjiro s'en faisait – certes, ce serait gênant s'il en mourait, mais le vampire avait un peu de mal à éprouver de la sympathie pour lui -, mais pour la jeune femme, qui avait du mal à se contrôler et qui s'en voulait de ne pas réussir à le faire. La tension dans ses épaules était assez manifeste. Il se devait de l'aider, comme lui-même avait été il y a de cele deux siècles. Doucement, il posa l'une de ses mains sur l'épaule, avec assez de force pour pouvoir la tirer en arrière s'il le fallait. Il n'avait pas envie de faire preuve de violence, à moins que ce ne fût strictement nécessaire. Sa voix, un peu douce, s'éleva à quelques centimètres des oreilles de la vampire :

« Voyons, tu veux vraiment lui faire du mal ? Tu n'es pas obligée de le tuer, tu sais. »

Sa poigne se resserra légèrement, dans une démonstration d'autorité destinée à prouver qu'il était bien le plus fort des deux. Une jeune vampire de la sorte ne lui faisait pas vraiment peur : l'idée qu'elle se fasse du mal ou qu'elle souffre inutilement était bien plus terrifiante que ce qu'elle pouvait lui faire subir. L'humain ne partageait évidemment pas son avis, mais Benjiro n'avait pas un regard pour lui, et n'aurait pu dire s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme, d'un jeune ou d'un adulte. Les nouveaux vampires ne savaient de toute façon pas choisir leurs proies avec clairvoyance et sautaient sur tout ce qui leur tombait sous la main. Il fallait les éduquer un peu.
La voix de Benjiro se fit un peu plus sévère, afin de bien lui inculquer ce qu'il fallait :

« Respecte ta nourriture. Si tu ne lui demandes pas la permission de te servir, fais au moins l'effort de ne pas te jeter sur lui comme une assoiffée. Tu n'es pas un monstre, tu sais. Juste une âme en peine qu'il faut aider. »

Cette fois-ci, la poigne se desserra un tout petit peu, pour lui montrer qu'il lui laissait le choix. Mais pas complètement non plus : Benjiro n'avait pas envie de perdre tout contrôle sur elle, surtout lorsque l'humain si charmant à croquer se trouvait dans une position aussi vulnérable. Il ne savait pas si les paroles seules fonctionnerait, mais il fallait essayer avant de tenter des méthodes plus sévères.
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Wu Gao Sheng
MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Sam 7 Mai - 21:53



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Satô Benjiro & Wu Gao Sheng
Je l’incitais à se laisse faire, se laisser abandonner dans cette pénible douleur qui n’allait pas tarder à s’emparait de son tout être, et son âme même lorsque mes crocs se seront plantés entièrement dans sa chair. Cela m’aiderait, oui, s’il acceptait son sort j’en sortirai définitivement moins peinée. Et n’évoquons pas l’égoïsme ici je vous prie, cela fait bien trop longtemps que je m’efforce de ne toucher un seul de ces humains, ni même d’en approcher simplement. Il me fallait m’éloigner de ces mortels pour mieux m’enseigner à me contrôler. C’est ce que je m’étais toujours dis du moins. Est-ce que cela fonctionnait ? Nullement. Je ne faisais que contenir plus longtemps cette soif intense en me torturant aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur, et me défouler lorsqu’il ne m’était plus possible de la contrôler. Les carnages étaient pis, en ces moments là. Qu’étais-je censée faire ? Que devais-je faire ? Je ne m’étais jamais attendu à ce qu’un monstre vienne me sucer et me vider de mon sang en m’injectant son poison, pour me transformer en un monstre semblable à sa propre personne. Il aurait mieux valut que je sombre définitivement dans un sommeil, profond sans jamais n’avoir eu la disgrâce de me réveiller un jour. Il aurait mieux valut, oui.

Je me tenais toujours face à cet homme, la tête penchée par-dessus son épaule je lui soufflais de m’accordais cette grâce ou, dans le cas contraire, je le forcerai et douleur n’en deviendrait que plus pénible. « S’il vous plait. » Je tenterai de me contrôler au mieux pour le laisser partir. La vérité, cependant était loin d’être représentative de mes propres promesses que je m’auto-faisais. Combien ont été les fois où je tentais de ne sombrer dans cette folie majestueuse, rebelle mais irréprochable à la fois. Pouvait-on réellement m’en vouloir ? Devait-on reprocher à un être de chercher à assouvir sa faim lorsque, la peau sur les os, il ne ressemblait presque plus qu’à une carcasse ? Ayez pitié de moi. Je n’ai jamais rien fait qui puisse mériter châtiment pareil.

Me rapprochant davantage de ma proie je laissais mes crocs se perdre doucement contre la peau douce et fragile de ma victime. Parcourant sa peau qui se fragilisait au contact de mes deux canines, je laissais échapper de temps à autre des soupirs de satisfaction tandis que son sang bouillonnait très fort jusqu’à mon ouïe. Mes pupilles se dilatèrent à nouveau et je sentais que j’allais rompre ma promesse, comme à mon habitude.

Alors que je m’apprêtais à céder à la tentation bien trop débordante,  une main se déposa doucement sur l’une de mes épaules, m’obligeant à m’arrêter. « Voyons, tu veux vraiment lui faire du mal ? Tu n'es pas obligée de le tuer, tu sais. »  Tenant toujours fermement ma proie je déviais un regard en biais en direction de mon nouvel interlocuteur, bien trop curieux et étrange à la fois. En quoi cela le regardait-il ? Qu’il passe tout simplement son chemin, à moins qu’il désirait vouloir s’en prendre à un vampire totalement affamé, prêt au pire pour une simple goutte de sang, quel insensé. Je n’attendais pas plus longtemps pour lui faire comprendre qu’il n’était pas bon pour lui de venir gêner quelqu’un dans sa chasse, alors je détournais mon visage sur le coté, le regardant en biais par-dessus mon épaule sur laquelle il s’était donné le droit de s’y appuyer. Je laissais entrevoir mes crocs et échapper tout en même temps  un grognement d’insatisfaction. Pourtant, il ne donna pas l’impression d’avoir été intimidé, non, au contraire, il persistait à vouloir m’empêcher de commettre un crime. Mais en était-ce réellement un ? Je ne fis pas plus attention à l’individu, jusqu’à ce qu’il me fit du moins remarquer que ses paroles n’avaient été dites en vain. Il pressa avec un peu plus force sur mon épaule me mettant en garde qu’il serait prêt à m’en empêcher s’il le fallait. Alors qu’il m’avait été pendant de longs mois capable de m’en sortir toujours vainqueur durant chaque chasse, je sentais que ce soir j’avais trouvé plus fort que moi. Qu’était-ce ? Qui était cet homme ? Certainement pas un humain en tout cas, il ne le pouvait, pas face à une créature surnaturelle, à moins qu’il en fût un.  « Respecte ta nourriture. Si tu ne lui demandes pas la permission de te servir, fais au moins l'effort de ne pas te jeter sur lui comme une assoiffée. Tu n'es pas un monstre, tu sais. Juste une âme en peine qu'il faut aider. » Mes yeux s’étaient arrondis à ce moment là, ce moment précis à travers lequel je me rendais compte que j’avais affaire à une créature qui m’était semblable ; un vampire. Je relâchais tout doucement ma victime et avant même de me rendre compte qu’elle avait filé entre mes doigts, je me détournais complètement face à l’inconnu mystérieux.

J’aurai pu me jeter à ses pieds, pleurer toutes les larmes de mon corps déchu, lui supplier de me venir en aide, me faire redevenir l’humaine que j’étais il y a quelques temps, mais à la place j’avançais à petits pas en sa direction, avant de venir attraper fermement entre mes doigts frêles sa veste que je ne souhaitais plus lâcher. La bouche entre ouverte, les yeux toujours aussi écarquillés, stupéfaite de ce que je venais de voir mais entendre surtout, je me laissais finalement tomber à ses pieds. À terre, tête baissée, j’observais regard perdu le sol  sans prononcer le moindre mot, et bien que ma gorge brûlante continuait de réclamer d’atténuer toute soif qui la démangeait, l’envie m’avait été coupé par cet inconnu. Finalement nulle promesse n’avait été rompue.  
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Satô Benjiro
MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Sam 14 Mai - 15:48



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Satô Benjiro & Wu Gao Sheng
La situation se présentait plutôt mal : l'humain lambda se liquéfiait sur place tandis que la vampire ne semblait pas prendre au sérieux ses menaces. Le regard qu'elle lui avait lancé lorsqu'elle avait été interrompu était plein de violence, en colère à cause du dérangement, tandis que ses crocs dévoilés étaient la manifestation de sa nature primaire de prédateur défendant chèrement sa proie face à un de ses congénères. Pauvre enfant, elle ne se contrôlait pas très bien, pas assez pour pouvoir déterminer en un seul regard que Benjiro ne jouait pas dans la même cour qu'elle. Comme il s'y était attendu, elle avait besoin d'une manifestation de force pour comprendre la différence de niveau qui existait entre eux deux. Pas besoin de la vaincre dans un duel humiliant : une voix assurée, un comportement calme et une main ferme sur l'épaule suffisaient largement. Cela signifiait également qu'il n'aurait pas besoin de faire preuve de violence pour l'empêcher de commettre un acte qu'elle regretterait assurément plus tard. S'il la retenait, tout le monde serait content. La vampire, bien sûr, qui pourrait reprendre ses esprits, l'humain, pour être resté en vie, même s'il ne penserait sans doute pas à le remercier lorsqu'il s'enfuirait à toute vitesse, et Benjiro lui-même, qui aurait prouvé une fois de plus que sa présence sur Terre n'était pas inutile, et qu'un vampire pouvait faire le bien autour de lui. Il n'aurait pas supporté de ne pas apporter son aide lorsqu'il était en mesure de le faire.
Ses paroles firent mouche : l'humain décampa sans demander son reste, et des deux vampires, seul Benjiro semblait avoir pris acte de sa fuite affolée. Sans un remerciement, comme il s'y attendait, mais qu'importe : le level 3 n'était pas présent pour lui apprendre la politesse, mais pour s'occuper de la vampire, qui paraissait à présent désespérée. Avait-il lui aussi eu pareille apparence lors de ses premières crises ? Cela remontait à si longtemps qu'il pouvait désormais prétendre le contraire, mais il se doutait bien qu'il ne devait pas être beau à voir non plus. Et pas uniquement parce qu'il sortait de très rudes conditions de détention, à l'époque. Benjiro la vit avancer vers lui. Il ne fit pas un geste, ni pour l'inciter à approcher ni pour l'en empêcher. Il ne voulait pas l'effrayer d'une façon ou d'une autre. Il sentit les doigts agripper sa veste, mais le geste n'avait rien de violent ou d'agressif. Elle cherchait simplement une prise à laquelle se raccrocher, pour éviter de sombrer. S'il pouvait lui fournir un repère stable, il le ferait. Puis elle s'effondra à ses pieds, sans doute accablée par le poids de tout ce qu'elle venait de vivre. Benjiro avait désormais la certitude qu'elle ne tenterait rien d'inconsidéré et se mit à ressentir beaucoup de pitié pour cette jeune femme dont la vie avait basculé il y a peu.
Benjiro s'accroupit afin d'éviter de la dominer de sa taille et de l'écraser par la hauteur. À présent que les rôles étaient bien en place, ce genre de protocole ne servait plus à grand chose. Il imaginait très bien la détresse qu'elle ressentait, pour l'avoir connue il y a bien longtemps. Benjiro ne s'en serait jamais sorti sans vampire à ses côtés pour l'aider, et elle avait besoin elle aussi d'une présence dont elle semblait manquer. Il fallait être irresponsable pour vampiriser quelqu'un sans être prêt à lui apporter son soutien. Ceci dit, Benjiro n'allait pas le faire remarquer à voix haute : la jeune femme n'y était pour rien, ce qui était fait était fait, il fallait réparer les morceaux, désormais. D'un geste doux, il osa caressa les cheveux de la vampire, dans un geste qui avait pour objectif de l'apaiser. Elle pensait sans doute trop comme une humaine, et dans ces instants-là, un contact physique, à moins que la personne les eût en horreur, faisait plutôt bien les choses.

« C'est bien, c'est très bien, l'encouragea-t-il. Si tu as su résister une fois, tu sauras résister d'autres fois. La période que tu traverses est loin d'être la plus agréable, mais tu peux la surmonter. Je l'ai fait, et bien d'autres personnes aussi, alors rassure-toi : tu n'es pas un monstre, tu dois juste t'acclimater à ta nouvelle condition. »

Ceci dit, à présent qu'il y pensait, la situation de Benjiro à l'époque était radicalement différente de celle dans laquelle elle se trouvait. Lorsqu'il avait été changé en vampire, Benjiro avait été déshumanisé par ses maîtres : devenir un monstre, après avoir été esclave, n'apportait pas vraiment de différence quant à l'estime qu'il avait pour lui-même. Seule la puissance qu'il possédait faisait de lui un homme nouveau, et il s'en était très bien sorti, vu le résultat actuel. Mais cette jeune femme n'avait pas connu sa galère et devait sans doute vivre normalement avant de changer. Peut-être avait-elle tué pour la première fois de sa vie en buvant, ce qui devait rajouter au traumatisme. Benjiro espérait bien que ce n'était pas le cas.

« Dis-moi, cela fait combien de temps que tu es dans cet état ? » demanda-t-il d'un ton léger.
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Wu Gao Sheng
MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Dim 15 Mai - 20:52



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Satô Benjiro & Wu Gao Sheng
Avais-je bien fait de le laisser partir ainsi ? Alors que les secondes s’écoulaient sans que rien ne se passe, la faim venait à nouveau tirailler mes entrailles. Je ne parvenais plus à me contenir et il me fallait atténuer au plus vite cette soif bien trop grandissante. Comment ? Je devinais que l’être qui se tenait face à moi ne pouvait être autre que l’une de ces créatures, et non un malheureux humain auquel j’aurai pu avoir plaisir à lui soutirer quelques gouttes de son fluide vital. Un vampire, il semblait s’accepter, se porter pour le mieux, comme si sa misérable vie d’immortel lui convenait à merveille. Comment faisait-il ? Comment avait-il survécut ? Comment se contenait-il ? Pourquoi ? Comment ? Trop de questions sans réponses fusaient dans mon esprit, et il me fallait trouver solutions, maintenant. Alors que je continuais à songer à d’innombrables choses qui ne cesser de torturer mon esprit, l’inconnu déposa sa main au dessus de mon crâne et vint caresser délicatement mes cheveux ébènes. Tout de suite, et étrangement, la faim se dissipa comme par enchantement. Je relevais alors les yeux en direction de cet homme et les plonger dans les siens. « C'est bien, c'est très bien. Si tu as su résister une fois, tu sauras résister d'autres fois. » Si j’avais su résister c’était bien parce qu’il avait suffisamment su attirer mon attention pour m’empêcher de faire du mal à l’humain. Il n’aurait été dans les environs, je ne me serai nullement retenue. « La période que tu traverses est loin d'être la plus agréable, mais tu peux la surmonter. Je l'ai fait, et bien d'autres personnes aussi, alors rassure-toi : tu n'es pas un monstre, tu dois juste t'acclimater à ta nouvelle condition. » Pas un monstre ? Qu’étais-je dans ce cas ? Je n’avais plus l’air d’une humaine, peut être physiquement l’étais-je, mais intérieurement, mon âme m’avait déjà quitté depuis bien longtemps. Je n’étais à présent plus qu’une coquille vide qui ne faisait que dépendre d’un liquide rouge, devenu subitement exquis. Autrefois, le sang avait le goût de la ferraille, aujourd’hui, il prenait curieusement le goût d’une friandise à laquelle on ne pouvait faire abstraction, lorsque, tenté, il nous fallait fatalement savourer le parfum sur le palet. « Dis-moi, cela fait combien de temps que tu es dans cet état ? » Bien trop longtemps déjà pour me voir désespérement mourir, même si je l’étais déjà.  Je n’avais eu le temps de voir la mort arriver ce jour là, j’ai souffert pendant de brèves minutes, mais cela ne représentait rien à côté des nombreux jours et mois de supplices qui s’écoulaient depuis. Est-ce que cet homme pouvait m’aider ? Pouvait-il me venir en aide et me faire redevenir la personne que j’étais ? Une humaine des plus normales. Peut être avait-il un antidote ? Mais ne l’aurait-il pas déjà expérimenté sur sa personne même ? N’avais-je donc le choix ? Devais-je tout simplement m’accepter comme il le sous entendait ? De nouveaux, trop de question sans réponses fusaient dans tous les sens, et là, je compris qu’il n’existait de moyen pour nous donner la chance de redevenir ce que nous étions dès notre naissance : humains.

Sans le vouloir mes yeux s’humidifièrent et une larme finit par perler sur ma joue avant de venir s’écraser contre ma cuisse. Je me sentais horriblement mal, et eus l’envie soudaine de mettre simplement fin à cette misérable existence qui ne faisait que m’empoisonner, et tâcher que plus l’image que je m’étais forgée auparavant. Pourquoi subir tel châtiment ? Qu’avais-je fait de mal ? Il me fallait la retrouver.

« Neuf mois. »  Prononçais-je dans de simples souffles. Ma gorge s’asséchait, mes lèvres perdaient de leur couleur, ma peau plus pâle qu’elle ne l’était déjà en temps normal, je ne souhaitais plus batailler, chercher à comprendre le comment du pourquoi, obtenir toutes explications, non. Je ne désirais simplement qu’atténuer la soif horrible qui s’était remise à brûler intensément ma gorge. J’avais mal, et si je continuais ainsi je n’allais tarder à commettre l’irréparable. Alors, sans même chercher à comprendre plus loin, sans même lui demander la permission, je me redressais tout doucement et osais me pencher par-dessus cet homme dont j’ignorais le nom. Je déposais délicatement l’une de mes mains sur son épaule et m’approchais dangereusement de lui. Me penchant légèrement, je plantais mon regard dans le sien et lui demandais franchement. « Permettez-moi ne serait-ce qu’un instant, de combler ce manque qui me noie. » Remontant légèrement plus haut ma main en direction du col de sa veste, je l’écartais suffisamment de sorte à apercevoir son cou. « Je vous en supplie. » Achevais-je tandis que mes yeux restaient plonger dans les siens.
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Satô Benjiro
MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Lun 16 Mai - 21:11



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La fragilité qui émanait de la demoiselle émouvait bien plus Benjiro que celle d'un humain qui serait tombé en ses griffes. Il était beaucoup plus facile de se retrouver dans le dégoût qu'elle ressentait pour elle-même que dans la peur que quelqu'un pouvait ressentir face à une personne semblable à Benjiro. Il n'avait pas besoin de cela pour lui venir en aide, mais ne pouvait s'empêcher d'être touché. On sous-estimait sans doute la nature empathique de Benjiro, sans doute parce qu'elle ne s'exprimait qu'aux occasions où il pouvait être amené à protéger quelqu'un. Peut-être aussi parce qu'il ne se considérait pas comme particulièrement empathique.
Il savait mettre ses exigences de côté lorsque la situation l'exigeait. En l'occurrence, il respectait le silence de la vampire, qui aurait pu l'agacer. Trouver la force de parler lorsque la gorge vous brûlait était difficile : un monstre, ça ne parlait pas, ça ne proférait que des paroles agressives et honteuses, et inconsciemment, les nouveaux vampires s'identifiaient à ce monstre qu'ils s'imaginaient être. Benjiro pouvait leur dire qu'il y avait des comportements bien pires dans la vie. Mais ce n'était pas ce qu'il fallait. Ce n'était pas en disant qu'il y avait pire que l'on retrouvait confiance en soi, mais en s'acceptant. Alors lui aussi gardait le silence sur tout ce qu'il aurait pu dire. Il fallait faire le tri de ce qui était utile et ce qui ne l'était pas.
Les questions qu'il lui avait posées étaient déjà assez rudes : la vampire était sur le point de pleurer. Les larmes ne dérangeaient pas Benjiro, après tout, la vampire avait de quoi pleurer. Il ne jugeait pas la force des autres à ce genre de signes contingents.

« Neuf mois, répéta-t-il. C'est déjà pas mal. »

Ce temps avait dû lui paraître si long, sans personne pour veiller pour elle, songea Benjiro. Pour lui, ce n'était pas grand chose, mais pour un vampire nouvellement transformé, l'unité de temps humaine avait encore beaucoup de valeur. Elle n'avait pas fait le moindre progrès pendant ce temps, bien au contraire : elle était au bout du rouleau, prête à craquer. Il était arrivé au bon moment, un peu trop tard à son goût, mais elle n'était pas perdue pour autant. Il y avait toujours de l'espoir.
Avant qu'il ait le temps de rajouter quelque chose, Benjiro vit la jeune femme se pencher vers lui. L'air dangereux de son visage lui indiquait déjà ses intentions : elle était en trop en manque, elle avait besoin de sang, et elle voulait le prendre chez lui. Elle ne réfléchissait même plus, même si elle avait réussi à lui demander sa permission avec beaucoup de politesse après avoir suggéré ce qu'elle voulait faire. Benjiro se sentit étrangement satisfait : paradoxalement, elle appliquait son conseil de demander la permission. Elle ne l'aurait sans doute pas fait avec un humain, bien sûr, mais le clin d'œil involontaire était suffisamment amusant pour qu'il le remarque. Sachant que la vampire ne serait pas satisfaite tant qu'elle n'aurait pas essayé, il décida de ne pas lui opposer beaucoup de résistance. Benjiro écarta doucement sa main pour terminer de dénuder son cou.

« Vas-y, essaie. » dit-il tout aussi doucement.

Pendant tout ce temps, il n'avait pas rompu le contact visuel, et ce qu'on pouvait lire dans ses yeux était assez révélateur : Benjiro n'avait pas peur, ne considérait pas que le demande était étrange ou incongrue, et était prêt à jouer au cobaye si elle en avait besoin. Ses yeux montraient aussi qu'elle n'aurait rien pu faire s'il ne lui avait donné son accord. Il ne pouvait empêcher son regard d'exposer sa véritable puissance.
Benjiro rajouta, sur le ton de la conversation.

« D'ailleurs, chez un être humain, le cou n'est pas forcément l'endroit le plus adapté pour mordre. Si tu perces l'artère, le sang coule vite, et il y a de fortes chances que ton humain meure rapidement si tu ne te contrôles pas. En plus, la morsure est beaucoup plus douloureuse que si tu la fais au bras, par exemple. Penser à ce genre de choses peut t'aider à éprouver plus d'empathie pour ta victime, à la longue, ça peut être bénéfique. »

Benjiro ne ressentait quant à lui pas vraiment d'empathie : il pensait qu'il devait se nourrir tout en respectant la personne qui le nourrissait. Un peu comme les humains qui ne torturaient pas les animaux qui leur fournissaient leur viande. Ce n'était que du bon sens, mais une level 1 pouvait se sentir très proche des êtres humains. Cela pouvait l'aider. Et si par la suite, elle ne devenait pas une vampire sans aucun respect pour sa nourriture, eh bien, ce serait toujours cela de gagné. Trop de cinglés malheureusement donnaient une mauvaise opinion de sa race.
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MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Mar 17 Mai - 20:50



- Tend moi la main -
Satô Benjiro & Wu Gao Sheng
Je ne voulais pas. Je ne désirais pas agir de la sorte avec cet homme, mais avais-je eu vraiment le choix ? Il me fallait me nourrir dès maintenant, je ne comptais plus les heures et  jours durant lesquels je m’étais retenue de sauter sur le premier venu. Je ne les avais pas simplement vus passer, je les avais sentis au plus profond de mon être. La peine fut grande, et j’aurai pu céder, seulement, je ne souhaitais plus tâcher mes mains de sang d’innocents. Alors je tentais de résister, enfermée dans ma chambre, à l’abri du soleil et du regard des autres, je restais cloitrer dans cette pièce en silence, ou me surprenant de temps à autre à me parler moi-même. Étais-je devenue folle ? Que m’avait-elle fait ? Pourquoi m’avait-elle transformé ? Pourquoi ne pas simplement avoir eu l’audace de m’ôter  la vie comme elle l’avait fait avec les précédentes ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Alors que mon regard restait toujours plongé dans le sien, je ne daignais faire un pas de plus. Plus un geste, je restais figer sur place, attendant simplement qu’il veuille me donner une réponse. Je ne l’aurai pas forcé dans tous les cas, un simple non aurait suffit pour me faire prendre la fuite, et m’en aller à la recherche d’une énième victime, à l’abri des regards, cette fois-ci. Alors que seulement quelques secondes s’étaient écoulées, mes yeux se détachèrent automatiquement du sien lorsqu’il saisit la mienne pour la déplacer légèrement sur le côté. « Vas-y, essaie. »  M’avait-il répondu sagement après avoir pris peine de dégager son cou, suffisamment pour me laisser l’espace pour faire ce dont j’avais à faire.  Mon regard plongeait à nouveau dans le sien à ce moment. Surprise, mais satisfaite, mes yeux s’étaient écarquillés et je ne le lâchais une seule seconde du regard. Ressentait-il de la pitié ? Pour n’avoir tenté de s’opposer à un être aussi faible et laid que je suis, il devait certainement avoir eu une certaine compassion, ou que je sais-je. Dans tous les cas, je faisais bien misérable à le supplier à genoux. Quelle honte.

« D'ailleurs, chez un être humain, le cou n'est pas forcément l'endroit le plus adapté pour mordre. Si tu perces l'artère, le sang coule vite, et il y a de fortes chances que ton humain meure rapidement si tu ne te contrôles pas. » Depuis combien de temps cet homme était vampire ? Il semblait être de loin un amateur. Il avait une certaine carrure et loin d’être arrogant, il était en plus noble. Comment avait-il vécut sa transformation ? Avait-il eut la chance d’avoir à ses côtés quelqu’un qui l’ait guidé, ou bien, au contraire, avait-il eu, lui aussi, l’envie d’en finir avec ses jours pour ne plus avoir à subir quelconque supplice ?  Les minutes paraissaient une éternité, j’avais cessé de regarder la pendule ou j’allais réellement finir par  devenir dingue, si ce n’était déjà fait.

Les secondes s’écoulèrent et mon regard continuait de se perdre dans le sien, je ne réalisais même plus ce qui se passait autour de moi, songeant à une tonne de questions sans réponses qui fulminaient dans mon esprit.  « En plus, la morsure est beaucoup plus douloureuse que si tu la fais au bras, par exemple. Penser à ce genre de choses peut t'aider à éprouver plus d'empathie pour ta victime, à la longue, ça peut être bénéfique. » Il avait raison, il devait avoir raison. Quelqu’un d’aussi expérimenté ne pouvait se tromper, à moins qu’il chercha à vouloir me piéger, mais il n’en avait l’air.  Je finissais par baisser la tête légèrement honteuse sans prononcer le moindre mot, laissant l’une de mes mèches ébène venir recouvrir la moitié de mon visage meurtri. Et ce fut seulement quelques secondes plus tard, après avoir cessé de me lamenter, que je me décidais à me lancer. Sans plus attendre, je relevais calmement la tête et me rapprochais de l’inconnu. « Je … » Ma voix s’affaiblissait et je perdais d’avantage de mes forces. Je tentais tout de même de le rassurer même si j’étais certaine qu’il n’avait rien à craindre d’une pauvre nouvelle-née comme moi. « Je vais essayer de ne pas trop en abuser… » Lui dis-je alors que je m’étais penchée par-dessus son épaule et l’avais soufflé à l’oreille, tout près de son lobe.

Bien qu’intérieurement mon pouls s’accélérait à vitesse incroyable et qu’un horrible frisson parcourait tout mon échine, je m’approchais calmement de lui, et avec délicatesse, déposais ma main sur son épaule tandis que l’autre venait rabattre l’ensemble de mes cheveux sur un côté.

Ouvrant doucement la bouche, je laissais apparaître mes crocs avant qu’elles n’eurent plaisir de se perdre sur la peau nue de ma victime en dessinant de lignes parallèles. À ce simple contact une étrange sensation venait parcourir mon être entier, dans un sentiment de bien être fou, comme si, par avance, je sentais déjà la drogue s’infuser en moi. « Je vais essayer … » Sans plus attendre je plantais mes crocs dans sa chair et venais inspirer le liquide pourpre agréablement bon.  Alors que je m’apprêtais à mordre légèrement plus fort, j’agrippais doucement son bras  afin de l’immobiliser pour en profiter pleinement. Comme si cela était réellement nécessaire …

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Satô Benjiro
MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Ven 20 Mai - 19:22



- Tend moi la main -
Satô Benjiro & Wu Gao Sheng
Benjiro pouvait constater l'effet que ses paroles avaient sur la jeune femme. Elles avaient un caractère hypnotique l'empêchant de passer tout de suite à l'acte. Mais elles ne la stopperaient pas indéfiniment. Cela ne le dérangeait : il lui avait donné sa permission, il ne cherchait pas à se dérober en lui parlait. Ceci dit, il y avait quelque chose de satisfaisant dans la manière dont elle l'écoutait. Sentir qu'il pouvait avoir de l'emprise sur quelqu'un était une sensation agréable, à condition de ne pas en abuser. Car cela s'accompagnait d'une responsabilité particulière : si on lui faisait confiance, il ne devait pas se rater.
Après l'avoir écouté attentivement, la vampire assura qu'elle ferait attention, avant de lui plonger les crocs dans la gorge. Benjiro tressaillit à peine. La sensation n'était pas très agréable, mais il avait connu des douleurs bien pires il y a un long moment. Il n'était pas fragile : même si la vampire tentait de l'immobiliser, probablement pas réflexe plus que par nécessité, il n'avait pas besoin de cela pour rester droit. Il lui suffisait de fermer les yeux, et de s'envoler dans un autre monde s'il le voulait. Il ne le pouvait pas : Benjiro devait surveiller la consommation de sang de la vampire, afin de s'assurer qu'elle ne prenne que ce qui était strictement nécessaire.
Mais cela ne s'annonçait pas vraiment facile. Les jeunes vampires abusaient bien trop souvent, se laissant emporter par le plaisir de sustenter enfin leur vorace soif de sang. Dans leur ivresse, ils aimaient faire de chaque repas un festin, et pouvaient être amenés à dépasser les limites. Ils finissaient toujours par le regretter. Benjiro était donc décidé à être la voix de la raison pour elle. Et il comptait minutieusement ce qu'elle ingurgitait, afin de savoir quelle dose un humain aurait été capable de supporter.

« Ça suffit, maintenant. » finit-il par dire, d'une voix à la fois douce et autoritaire.

Et parce qu'il ne voulait pas rencontrer de résistance de la part de la vampire, Benjiro se dégagea sans brusquerie. Il porta la main à son cou, où les marques de croc étaient encore visibles, et se décida à refermer le col de son manteau pour les cacher. Ses vêtements seraient sans doute irrémédiablement tâchés, mais pour Benjiro, ce n'était pas vraiment un problème, plutôt un inconvénient de la vie de vampire. Lorsqu'on buvait du sang prélevé sur des victimes conscientes, les éclaboussures survenaient parfois. Puisqu'il n'aurait aucun problème à se procurer une veste ou une chemise équivalentes, il ne s'inquiétait pas vraiment pour ça. Benjiro ne s'habillait pas de vêtements hors de prix.
Il se releva, fatigué de la posture accroupie qu'il avait prise – fatigue mentale plutôt que physique, en fait. Ses jambes le supportaient très bien, mais se tenir toujours près du sol... était désagréable. Il estimait, à présent qu'elle l'avait mordue, qu'il n'avait plus besoin de faire d'effort pour se tenir au même niveau qu'elle : il lui avait déjà offert bien plus qu'un autre vampire de son statut aurait volontairement fait. Mais la voir se traîner à ses pieds était tout aussi désagréable : Benjiro lui tendit la main pour l'aider à se relever :

« Cette quantité devrait suffire. Le plus difficile, c'est de s'arrêter, mais une fois que tu en as pris l'habitude, cela devient beaucoup plus aisé. En fait, il te faut simplement acquérir de la discipline, et c'est le temps, la patience et l'expérience qui te permettra de te contrôler. Rien qui ne soit faisable, si tu veux. Tu t'en sens capable ? »

Sans doute non, répondit mentalement à sa place Benjiro. Compte tenu de son désespoir, elle aurait sans doute du mal à croire que l'on puisse un jour se contrôler aussi bien que lui. Mais si elle ne le croyait pas, elle n'aurait aucune chance de progresser. Lorsqu'on perdait espoir, on perdait son humanité... ou ce qui faisait qu'un vampire était un être intelligent plutôt qu'un animal. Benjiro ne se pensait pas fin psychologue, mais il pouvait se baser sur son propre vécu pour aider les autres. Si ces années de souffrance pouvaient être bénéfiques à un autre que lui... pourquoi pas, après tout ?
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MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Lun 6 Juin - 23:21



- Tend moi la main -
Satô Benjiro & Wu Gao Sheng
Cela était bon, exquis à savourer, à laisser répandre le liquide pourpre au fond de ma gorge. J’eus la sensation de renaître en l’espace de quelques secondes, comme si d’un réveil profond je revenais à moi, loin des ombres et de la mort. Il y avait quelque chose d’étrange, quelque chose qui faisait que son sang était différent des autres. Qui était-il ? Qui était cet homme si généreux qu’il prenait même peine à aider son prochain sans se poser d’innombrables questions, n’hésitant simplement pas à tendre la main à une créature apeurée sans véritable défense ? Il n’y avait aucun doute, l’inconnu mystérieux avait bon cœur, et peut être même un petit peu trop. Je ne parvenais plus à contrôler ma soif bien trop grande, je ne me lassais pas de m’abreuver  de son sang sans l’ombre de repentance. Il n’y en avait plus, puisqu’il me l’avait permis, et désormais, il m’était difficile de le quitter. Comment le pourrais-je ?

« Ça suffit, maintenant. » Je n’aurais exécuté l’ordre si cela avait été un humain, n’importe qui d’autre d’ailleurs, mais je ne pouvais abuser de sa gentillesse trop longtemps, pas lui, non. Alors, doucement je m’étais retirée, reculant d’un pas en arrière après avoir pris le soin de ne pas lui faire trop mal avec mes crocs, même si je doutais que cela lui fasse réellement quelque chose. Il en fit d’ailleurs tout autant, reculant à son tour je terminais par examiner son visage, me demandant curieusement quelle sorte d’émotion pouvait bien le couvrir après avoir été mordu. Est-ce que cela ne lui faisait réellement mal ? Était-ce véritablement supportable ?

L’inconnu n’attendit pas longtemps pour se relever, se dressant à nouveau face à moi, il finit par me tendre la main, m’invitant à en faire d’avantage. Je devais certainement lui faire pitié, j’avais honte, horriblement honte. « Cette quantité devrait suffire. Le plus difficile, c'est de s'arrêter, mais une fois que tu en as pris l'habitude, cela devient beaucoup plus aisé. En fait, il te faut simplement acquérir de la discipline, et c'est le temps, la patience et l'expérience qui te permettra de te contrôler. Rien qui ne soit faisable, si tu veux. Tu t'en sens capable ? » Je me demandais bien ce qui l’avait poussé à vouloir me tendre la main, curieux personnage, il ne semblait non plus attendre quelque chose en retour, à croire qu’il l’avait simplement fait pour m’aider et rien d’autre. Y avait-il beaucoup de vampires comme lui ? Est-ce que j’allais rencontrer des créatures qui lui ressemblent ?

Alors que les secondes s’écoulaient silencieusement j’eus la sensation que cela allait se terminer ainsi, que chacun allait rebrousser chemin, que cela n’aurait été qu’une simple rencontre et rien de plus. Nous ne pouvions nous quitter ainsi, je lui devais énormément, il ne pouvait s’imaginer combien il m’avait été d’une grande aide. « Qui êtes vous ? » Lui avais-je premièrement répondu par une question sans m’en rendre pleinement compte. Je l’interrogeais sur le coup, comme s’il était descendu du ciel pour venir en aide aux misérables, comme s’il était un quelconque dieu ou que sais-je. Cela pouvait paraître grossier, mais tant pi. « Si je m’en sens capable ? » Plus le temps défilait, plus j’avais la sensation que mon état empirait, il ne s’améliorait pas, non. Si seulement je pouvais la retrouver, peut être que tout cela finirait par prendre fin, toutes ces peurs, souffrances et tortures. Je souhaitais que tout cesse, que je puisse me réveiller de ce cauchemar dans lequel je vis depuis bien trop longtemps déjà. « Je suis un monstre, je suis devenu un monstre. Qu’importe ce que je ferai, la manière dont je m’y prendrai, je resterai un monstre. » Finissais-je par dire tandis que j’essuyais de mon bras le sang sur mes lèvres avant de le fixer. « N’y a-t-il de moyen de redevenir ce que nous étions de naissance ? » Des humains. « Je ne veux pas rester ainsi éternellement … je préfèrerais ne plus jamais devoir à vivre dans ce monde … », « Je ne veux pas rester un monstre toute ma vie … » Achevais-je alors que je tentais en vain d’effacer le sang sur mon bras.

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Satô Benjiro
MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Jeu 16 Juin - 18:49



- Tend moi la main -
Satô Benjiro & Wu Gao Sheng
Benjiro était plutôt satisfait du déroulement de cette étrange rencontre. N'allez pas croire qu'il était dans ses habitudes de donner son sang à chaque vampire qu'il croisait, il ne l'aurait pas fait si cela n'avait pas été nécessaire. Mais il avait l'impression d'avoir réussi à contrôler la soif de sang de la jeune femme, ce qui était bon signe. Elle n'était pas encore devenue folle à cause du manque ou du dégoût de ce qu'elle était devenue. Le pire avait été pour l'instant évité, et il le serait encore, si elle trouvait quelqu'un pour l'épauler. Ce pouvait être lui. Ce pouvait être quelqu'un d'autre. Benjiro ne le savait pas encore. Cela le dérangeait un peu de laisser de jeunes vampires livrés à eux-mêmes dans la nature. Benjiro ne se sentait pas responsable de tous les malheurs du monde, mais ne pas venir en aide à quelqu'un dans le besoin était difficile. Il ne comprenait pas que l'on puisse faire du mal aux autres. Il savait ce que cela faisait que de déprendre de l'aide de quelqu'un pour survivre.
Benjiro la regardait attentivement, afin de savoir ce qu'elle voulait. Si la vampire ne voulait pas qu'il lui tende la main, il n'en ferait rien. Il respectait les choix des autres, même s'il ne les approuvait directement. Du moment qu'ils ne se trouvaient pas sous son autorité. Elle était hésitante, c'était certain, et elle semblait avoir peur de briser le silence qui s'était installé entre eux. Benjiro se dit qu'il aurait dû sourire un peu plus, pour avoir l'air parfaitement chaleureux, mais cela ne lui correspondait pas vraiment. Il n'en était pas à ce degré de gentillesse, malheureusement. S'il ne voulait pas être hypocrite, il devait avoir l'honnêteté de ne pas lui mentir en lui montrant une image de lui qui était fausse.
Une question. Cette réaction était logique, d'autant plus que Benjiro ne s'était pas présenté. Ce n'était pas tout à fait poli, mais il n'avait pas vraiment eu le temps de s'introduire de façon satisfaisante. Tout le monde, d'ailleurs, n'avait pas besoin de connaître son nom : ce n'était pas une sorte de talisman ou de passe-partout qui devait impressionner les autres. D'autres, peut-être, recherchaient la célébrité, mais ce n'était pas son cas. Sa réponse fut assez laconique :

« Satô. Satô Benjiro. »

Il ne voyait pas forcément quoi ajouter. Son métier était intéressant, mais pas franchement ce qui le définissait le plus. Et c'était clairement moins impressionnant qu'avocat, chirurgien ou magnat de la finance. Benjiro jugeait également inutile de préciser qu'il était un vampire de level 3 : la jeune femme devait l'avoir compris depuis un certain moment, déjà. Le rappeler n'aurait été qu'une manière de la rabaisser, ce qu'il ne désirait pas le moins du monde.
Elle n'hésita pas à lui dire tout ce qu'elle avait sur le cœur, se confiant notamment sur la sensation d'être un monstre, qui ne devait pas s'arranger lorsque sa soif de sang revenait. Pauvre demoiselle. Les monstres prenaient rarement de si jolis et si innocents visages. Elle ne pouvait pas le savoir, et il serait bien difficile de l'amener à voir la vérité en face. Tout ce qu'elle voulait, c'était redevenir humaine, un espoir qu'elle devrait vite abandonner si elle voulait évoluer en tant que vampire. L'humanité... Benjiro peinait parfois à se rappeler cette sensation. Il n'avait vraiment pris conscience de son changement de statut qu'à partir du moment où il était devenu manifeste qu'il paraissait beaucoup plus jeune que son âge réel. Mais cela ne l'avait pas vraiment choqué. Il avait eu le temps pour s'y habituer.
D'un ton doux tout en restant ferme, Benjiro répondit du mieux qu'il le put à ses interrogations :

« Malheureusement, je ne peux pas te promettre qu'il existe un moyen de retourner à ton état initial. Tu ferais mieux d'abandonner l'idée tout de suite, ça te fera moins mal. »

Conscient que sa réponse paraissait très certainement dure à une personne qui n'acceptait pas sa condition, Benjiro s'empressa de passer à la suite. Il ne pouvait pas lui dire que, dans la vie, on ne choisissait pas toujours ce qu'il nous arrivait, et qu'il fallait être capable de s'adapter si on ne voulait pas mourir. Cette vérité paraissait trop cruelle à entendre.

« Contrairement à ce que tu penses, tu n'es pas un monstre, juste un vampire. Tu ne saisis sans doute pas la différence parce que tu as l'impression de t'être transformée en bête assoiffée de sang du jour au lendemain. Une fois que tu sauras contrôler tes pulsions, tu pourras vivre comme avant... si ce n'est que ton régime alimentaire aura évolué, et que ton corps ne vieillira plus comme il l'aurait dû. Ça pourrait être pire, non ? »

Oh que oui. Et à un point qu'elle ne pouvait même pas imaginer.
Pas le moindre tressaillement ne vient marquer le fait que Benjiro pouvait réactiver des souvenirs douloureux en posant ce genre de questions. Le passé était le passé, il ne tenait pas à le déballer à une inconnue. Rares étaient ceux qui le connaissaient et, en général, eux-mêmes l'avaient connu deux siècles plus tôt.

« Est-ce que je te donne l'impression d'être un monstre ? demanda très sérieusement Benjiro. Moi aussi, je bois du sang humain, après tout. »
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MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Mer 22 Juin - 21:26



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Satô Benjiro, avait-il dit. Cela ne sonnait franchement pas très coréen, mais plutôt, ressemblait à un nom nippon. Mais qu’importe, sa provenance ne m’était guère un critère sur lequel je m’appuierai longtemps. Cela avait peu d’importance en réalité, et qu’importe les antécédents qu’eurent nos deux nations, je ne prêtais pas attention à ce détail, comme d’autres, quelle importance cela avait à présent, maintenant que nous étions devenus, pour la grande majorité, des monstres assoiffés de sang. Bien qu’il tentait de me rassurer, assurer que cela allait passer, que j’allais tenir le coup, que je finirai par m’accoutumer avec ma nouvelle nature, je ne pouvais cesser de croire qu’il n’allait pas m’être aisé. Oui, bien que j’en aie la preuve nette, sous mes yeux, je ne voulais penser qu’il n’existe aucun remède à cela. Même s’il ne l’avait clairement annoncé, je l’avais parfaitement compris. Si cruelle, si pathétique, si misérable, ma vie n’avait, et n’allait être en rien de ce à quoi je rêvais autrefois. Mon monde s’écroulait sous mes pieds, je ne parvenais même plus à chérir ce que j’appréciais autrefois, la passion avait disparut, l’ardeur aussi.  Il n’y avait plus rien, rien qu’un tas de vieux souvenirs que je garde en mémoire, dissimulé dans un coin de mon cœur.

« Contrairement à ce que tu penses, tu n'es pas un monstre, juste un vampire. Tu ne saisis sans doute pas la différence parce que tu as l'impression de t'être transformée en bête assoiffée de sang du jour au lendemain. » Ses mots me réchauffaient le cœur, il tentait tant bien que mal de me faire comprendre que je n’avais pas à me haïr de la sorte, que je devais tout simplement, encore une fois, m’accepter telle que je suis. Cela viendra avec le temps, sûrement.  « Une fois que tu sauras contrôler tes pulsions, tu pourras vivre comme avant... si ce n'est que ton régime alimentaire aura évolué, et que ton corps ne vieillira plus comme il l'aurait dû. Ça pourrait être pire, non ? » Cela pourrait l’être, mais était-ce tout ? « Est-ce que je te donne l'impression d'être un monstre ? Moi aussi, je bois du sang humain, après tout. » Je crois bien que mes yeux s’étaient arrondis sur mon visage pâle, à ce moment là. S’il me donnait l’impression d’être un monstre ? Et bien il ne fut pas difficile de penser qu’il n’en avait tout l’air, pas après s’être comporté ainsi. Quel monstre se comporterait de la sorte ? Je le regardais longuement sans lui donner de réponse de suite, laissant tout d’abord le léger vent me couvrir, calmer mes émotions une bonne fois pour toute. « Non. » À présent reposé, je repris. « Vous n’en avez tout l’air. Et, même si vous et moi sommes semblables, même si vous vous nourrissez du sang d’humain, je ne pourrais dire que vous en êtes un… », « Vous vous êtes probablement bien accoutumé à votre nouvelle nature, peut être l’avez-vous-même accepté fort longtemps déjà, mais je doute très fort que je puisse en faire autant. » Je laissais échapper un léger soupire avant de conclure. « Je ne veux pas vous retenir plus longtemps, merci pour m’avoir laissé  me nourrir, je vous serai reconnaissante. » Je rajustais correctement mon vêtement, tentant de cacher du mieux que je pouvais les tâches de sang et ajoutais. « Je vous ai demandé votre nom, mais je ne me suis pas moi-même présenté. Je m’appelle Gao Sheng. Wu Gao Sheng. » Venant rajuster l’une de mes mèches qui me faisait ombre sur le magnifique inconnu, je repris. « J’espère avoir l’occasion de vous revoir à nouveau, Satô Benjiro. »  Je m’inclinais convenablement face à lui avant de prendre congé, plongeant  à nouveaux dans les sombres rues de Gagnam, retournant dans mon calvaire habituel.

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Satô Benjiro
MessageSujet: Re: Tend moi la main - Feat. Satô Benjiro    Mer 6 Juil - 14:37



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La façon dont elle avait de le regarder annonçait déjà la réponse à la question qu'il lui avait posée, c'est-à-dire un non honnête qui nierait que l'individu dénommé Satô Benjiro était un monstre. Évidemment, la réponse aurait pu difficilement être différente, après qu'il eut prouvé que l'on pouvait faire preuve d'humanité - mot qui n'avait pas de sens pour lui mais qui en avait forcément pour une jeune vampire à peine transformée - tout en étant un buveur de sang éternel. Il espérait bien que son exemple lui montrerait qu'elle n'était pas condamnée à rester ce monstre qu'elle croyait être. Gagner autant de puissance que lui serait en revanche plus compliqué, mais être level 2 devait être déjà bien suffisant. Satisfait, Benjiro laissa éclater son approbation par un léger sourire. La jeune femme pouvait bien douter encore, elle avait déjà fait un progrès phénoménal en acceptant l'idée que tous les vampires n'étaient pas des monstres. C'était fondamental si on voulait faire d'elle quelqu'un de bien et l'empêcher de se faire du mal pour compenser. Benjiro écouta ensuite ses doutes avec bienveillance, ne pouvant s'empêcher de répondre :

« Comme tu l'as dit, le temps qui passe est la clé de cette acceptation. »

Voilà pourquoi il ne la brusquait pas vraiment ce soir.
La jeune vampire semblait être sur la bonne voie, il n'y avait rien de plus à faire ce soir. Sans doute le moment de prendre congé de l'autre était-il venu. Benjiro ne doutait pas vraiment de la possibilité de revoir cette jeune vampire. Une ville, par définition, accueillait suffisamment d'habitants pour qu'il fût impossible de tous les connaître, voire de tous les rencontrer, mais il ne doutait pas un instant de la possibilité de pouvoir la revoir, elle. Il avait désormais un point de repère quant au quartier où elle chassait, mais surtout, elle connaissait son nom et était capable de le retrouver si elle en avait besoin. Sans être une célébrité, Benjiro n'était pas totalement inconnu dans le coin, ce ne serait sans doute pas difficile.
Elle prit rapidement et dignement congé, en le remerciant et en se présentant sous le nom de Gao Sheng, avant de repartir d'où elle était venue. Benjiro la salua rapidement avant de la regarder s'éloigner d'un air pensif. Elle n'attaquerait sans doute aucun humain ce soir, puisqu'elle avait eu l'occasion de boire, mais dès demain, elle se remettrait sans doute à la tâche. Il y aurait sans doute quelques victimes avant que Gao Sheng ne réussît à contrôler sa soif de sang. C'était inévitable. Quel gâchis.
Le vampire se retourna vers l'endroit où devrait se trouver la lune et s'autorisa pour la première fois à pousser un soupir. Vraiment, le monde n'est plus ce qu'il était. On laissait de jeunes vampires livrées à elles-mêmes. On brouillait le ciel pour empêcher les braves citoyens de voir les étoiles. Quelle tristesse.
Mais non. Tout n'était pas mauvais. Certains comportements malsains avaient disparus.
Et sur cette note d'espoir, Benjiro se mit en route vers chez lui.
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